Le Meilleur Reste à Venir Critique

Le Meilleur Reste à Venir Critique


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Dans cette première oeuvre couronnée par le prix Wole-Soyinka en 2006, Sefi Atta entreprend de raconter sur une période de 24 ans ( de 1971 à 1995) un double destin: celui du Nigeria et l'amitié de deux jeunes filles que tout sépare.Enitan, jeune fille issue d'une famille aisée, partage son temps entre fuir les disputes de ses parents et rêver à sa rentrée prochaine au pensionnat. Tiraillée entre son père avocat qui la veut émancipée et sa mère devenue une grenouille de bénitier à la suite d'un malheur, elle fait la connaissance de Sheri, une petite dévergondée au franc parler. Sheri, une demie caste, grandit dans une famille bigame et est à la tête d'une petite tribu turbulente. A la suite d'un fâcheux incident, elles se séparent; Enitan est envoyée à Londres où elle vivra neuf ans, le temps de terminer le lycée et y faire ses études de droit. Elle y découvrira qu'il est préférable d'être noire plutôt qu'avoir un accent, remettra en question la notion de famille surtout l'aspect aliénant lié au culte de la mère, la parité entre les deux sexes, s'émerveillera de la liberté qu'elle éprouve en tant que femme. Les nouvelles catastrophiques du Nigeria lui parviennent sans l'émouvoir, tout au plus elle s'inquiète pour la famille restée là-bas. Un hiver londonien plus pourri que les précédents la décide à rentrer au pays.Le livre commence en 1971, le Nigeria peine à se relever de la guerre du Biafra, une guerre civile qui selon les décomptes a fait entre 1 million et 3 millions de morts. Ces évènements touchent peu l'enfant qu'elle est à cette époque. Absente pendant les différents coups d'état, elle découvre son pays avec un oeil neuf et nous propose une virée underground du Nigeria. A travers le regard d'Enitan, on pénètre dans l'intimité d'un peuple et d'une nation à l'histoire complexe et cabossée. Libéré de la tutelle anglaise depuis 1960, riche en pétrole et autres minerais, exposé à une forte explosion démographique, le Nigeria ne parvient pas à se libérer de la forte corruption qui gangrène les institutions du pays, le maintient dans une grande pauvreté et favorise l'escalade de coups d'état. 162 millions d'habitants, 521 langues dont 4 principales ( Anglais, Haoussa, Igbo et Yoruba, ces 3 dernières représentent les ethnies les plus importantes), 36 états, une rivalité entre le nord et le sud, des ressources pétrolières importantes confisquées par les différents gouvernements, des transactions financières illicites qui participent à la fuite des capitaux vers l'étranger, des pratiques criminelles liées au trafic de drogue, humain, au racket et à la contre-façon, l'impossibilité à endiguer ou éradiquer le paludisme, la poliomyélite, le choléra, la méningite sans parler du Sida, un taux d'alphabétisation en baisse constante, une rivalité religieuse ( musulmans/chrétiens), un tribalisme fortement inscrit dans la conscience collective, les arrestations illégales, le musellement de l'opposition et autres organes de presse, le banditisme rampant… le Nigeria se meurt. Elle perçoit tout cela en déambulant dans les rues de Lagos comme le ferait n'importe quel journaliste-enquêteur digne de son nom.C'est sur un plan plus personnel que sa perception de la société nigériane fera des ravages et la décidera à livrer un combat contre l'hypocrisie sociale. Enitan, partie à l'étranger pendant de longues années et Sheri, restée au pays font face aux mêmes problèmes. L'inégalité entre les deux sexes, la soumission totale à l'homme, l'absence de recours en justice pour une femme, la spoliation de l'identité de la femme réduite à pondre des enfants, cuisiner, subir la famille, l'impossibilité de s'affirmer dans quelque domaine que ce soit, la duplicité de leurs congénères qui tout en se plaignant de leurs conditions n'en acceptent pas moins des règles spécieuses qui les délivrent d'une pauvreté certaine, la fourberie des hommes dont la lâcheté et la soif de dominance trouvent un écho soit dans la religion soit dans les lois ancestrales pour asseoir leur pouvoir, un immobilisme intellectuel et éthique qui se retrouve dans toutes les couches sociales et ce, quelque soit le degré d'éducation. La femme n'est même pas une » second class citizen » mais un trou avec du poil autour et est (mal)traitée en tant que tel. Il faudra à Enitan plusieurs rencontres, la naissance d'un enfant, l'emprisonnement pour s'éveiller totalement et oser exprimer sa colère. Etrangement ce n'est pas son parcours qui m'a le plus touché, certes il y a de la noblesse dans ses décisions mais… Sheri m'a bouleversé. Cette métisse agressée par le monde, musulmane, obligée d'être forte car la vie l'a grugée, rusée, diplomate, pleine de ressources… Je ne peux l'expliquer mais à chaque fois qu'elle apparait c'est la même réflexion que j'ai: » ladies, she grew a pair, great balls of fire! And she'll win it all ». 1) je ne sais pas traduire cette phrase en bon français, 2) j'aime les femmes à l'esprit guerrier. Et, Sheri, elle me botte. Cynique jusqu'au bout des ongles, elle croit en sa force intérieure, celle qui renverse tout, celle qui lui permet de se réaliser complètement, de contourner le système qu'elle connaît par coeur et de se payer le luxe d'ETRE. Les « cojones », elle les a bien plus que les hommes que nous sommes amenés à rencontrer dans ce récit.Sinon, rien à redire sur la prose de Sefi Atta: formidable. Elle sait mettre en valeur ses personnages, donner un « background » politico-social intéressant, juste assez pour que l'on recherche des informations sur le Nigeria mais pas trop pour ne pas plomber l'histoire. Elle a un sens du rythme inné, des réflexions justes, beaucoup d'humour, des dialogues au cordeau. Sefi Atta maîtrise l'art de raconter une histoire et pour un premier livre, on ne peut que saluer son talent de conteuse. Ceci dit, ce n'est pas non plus un grand livre mais j'ai apprécié sa faconde, sa volonté de nous faire entrevoir la diversité de son pays, ses disparités et à sa manière de dénoncer les iniquités que subissent son peuple et les femmes. Pour autant ce n'est nullement un livre pro-féministe. J'ai nettement préféré AVALE de l'auteure. Il est plus brutal, la rage de vivre et de vaincre plus prenant… peut-être correspond-il mieux à mes goûts aussi. J'ai quand même passé d'excellents moments en la compagnie de Sheri et Enitan. Okay, c'est le moment de se faire une virée dans le monde de 1Giant Leap, Vieux Farka Touré et consorts. Lien : http://www.immobiletrips.com..

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Critiques Presse pour le film Le Meilleur reste à venir

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