On Ne Nait Pas Femme On Le Devient Explication

On Ne Nait Pas Femme On Le Devient Explication


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Depuis longtemps, je n'ai pas eu l'occasion de lire un essai philosophique aussi clairement et sobrement rédigé, aussi simplement efficace à induire la réflexion, aussi élégamment capable d'apporter une perspective innovante à une problématique, celle de la soumission féminine, dont le discours ambiant sonne faux sans qu'on soit forcément armé pour le contrer. L'approche proposée par la jeune philosophe française enseignant aux États-Unis (et qui unit dans ce livre le meilleur de ces deux traditions universitaires), c'est une lecture de la pensée de Simone de Beauvoir, dans tout ce qu'elle a d'original et de supérieur à Sartre, pour résoudre « l'impasse » que voici :« ou bien on parle de a soumission féminine dans sa complexité, en ne passant pas sous silence l'attrait que peut avoir cette soumission, et l'on est du côté de la tradition sexiste qui fait de la soumission le destin naturel des femmes ; ou bien on postule une égalité des sexes et, dans ce cadre, la soumission des femmes, comme celle des hommes, est une faute morale ou une pathologie et ne relève pas de la philosophie. » (pp. 16-17)Le premier chapitre, « Un tabou philosophique », s'attelle à établir que la notion de soumission, envisagée par La Boétie, par Rousseau et par Freud, ne correspond pas à celle qui nous intéresse, et à établir une épistémologie féministe qui tienne compte de la domination du point de vue du dominé ; pour autant, une distinction très importante est faite entre domination et soumission.Le ch. 2, « La soumission féminine, une tautologie ? », s'occupe des questions morales (responsabilité ? liberté?) et politiques (construction sociale du genre, et de la sexualité ?) de la soumission : une longue critique de la pensée de Catharine MacKinnon y est exposée.À partir du ch. 3, « Qu'est-ce qu'une femme ? », sont présentées les analyses de Simone de Beauvoir, en partant de son rejet à la fois de l'essentialisme (« La différence sexuelle n'est pas un problème d'essence »), et du nominalisme (« les femmes seraient seulement parmi les êtres humains ceux qu'on désigne arbitrairement par le mot "femme" ») qui est la forme radicale du constructivisme social. Beauvoir fait recours à la notion de « situation », qu'elle comprend de manière assez différente par rapport à Sartre, lui permettant d'articuler le rôle de l'individu et celui de la société :« En effet, pour comprendre comment fonctionne la soumission féminine il faut parvenir à tenir ensemble deux niveaux, celui de l'individu, qui fait des choix et qui se comporte de certaines manières, et celui de la société, qui prescrit aux individus des comportements et façonne leurs préférences. » (pp. 74-75).Le ch. 4, « L'insaisissable soumission », revient sur la question de l'appropriation de la soumission par la philosophie, compte tenu de sa nature « ordinaire », voire « médiocre », et de la nécessité d'une « analyse bottom-up du pouvoir ». Il est question du renversement épistémologique opéré en historiographie par l'Ecole des Annales, et par les « subaltern studies », notamment par la critique littéraire indienne Gayatri Spivak. Le ch. 5, « L'expérience de la soumission », revient sur l'originalité De Beauvoir qui consiste à avoir introduit la méthode phénoménologique dans le vif du sujet : le Deuxième Sexe. Le ch. 6, « La soumission est une aliénation » est introduit par le fondement suivant :« La combinaison de la théorie beavoirienne de la situation et de sa méthode phénoménologique lui permet de comprendre le mécanisme par lequel les femmes en viennent à se soumettre : l'oppression des femmes par les hommes passe par un processus d'aliénation – de transformation en un Autre [non-réciproque] – qui est un processus d'objectification. Les femmes se soumettent aux hommes parce qu'elles sont toujours déjà considérées comme des objets, et non comme des sujets, par les hommes et, par conséquent, par elles-mêmes. » (p. 143).Le reste du chapitre s'attelle à la définition des termes : « Autre » (avec une majuscule), « oppression », « aliénation », « femme-objet », « objectification ».Le ch. 7, « Le corps-objet de la femme soumise », revient sur la dimension corporelle des normes de la féminité selon Beauvoir, notamment à partir de la puberté ; il est question du corps biologique qui « est social », et de la manière dont le « corps vécu » des hommes n'est pas le même que celui des femmes. « Une des ambitions centrales du premier volume du Deuxième Sexe est de montrer que les hommes affirment constamment leur place de sujet en transformant les femmes en objets. Les femmes sont considérées comme des objets d'échange dans le mariage et la parenté, comme l'a montré Claude Lévi-Strauss ; les femmes sont transformées en objets de désir dans les mythes et la littérature. Dans le chapitre qu'elle consacre aux mythes, Beauvoir montre que l'objectification constante des femmes est une objectification constante de leur corps : le corps féminin est considéré tantôt comme une proie, tantôt comme une source de dégoût, tantôt comme une propriété. Dans tous les cas, c'est en faisant du corps des femmes un objet que les hommes constituent une image d'eux-mêmes comme des sujets, comme des héros, comme des guerriers. » (p. 180)Le ch. 8, « Délices ou oppression : l'ambiguïté de la soumission », introduit le second volume du Deuxième Sexe. Beauvoir y met en évidence l'ambiguïté de la soumission :« […] contrairement à ce que sa connotation négative pourrait faire penser, la soumission a des aspects positifs et des aspects négatifs ; elle est choisie et elle ne l'est pas ; elle est abdication devant l'homme et elle est un pouvoir sur lui ; elle est source de plaisir et vouée à l'échec. » (p. 192). Ces couples de circonstances qui prêtent à ambivalences ou à contradictions s'exemplifient dans « la beauté », « l'amour-abdication » - où les personnages des romans De Beauvoir sont aussi analysés – « le pouvoir de la soumission », « les avantages de la soumission ».Le ch. 9, « Liberté et soumission », revient sur la question des conditions du choix de la soumission – ou de l'acquiescement ou consentement – et des conséquences morales. La solution réside dans ce que Beauvoir appelle : « la perspective de la morale existentialiste », qui diffère encore une fois de Sartre et se rapproche plutôt de Kierkegaard. Si la liberté se conquiert, elle ne saurait s'abstraire de la « situation », comportant aussi bien l'individu que la structure sociale : il en résulte, selon Beauvoir, une « analyse coût-bénéfice de la soumission ». Ce ch. terminal énonce en conclusion que l'oeuvre De Beauvoir tend vers l'émancipation, que « la soumission n'est pas inévitable », pour autant que la « situation » n'est pas immuable : l'excipit du Deuxième Sexe est même un vibrant appel à la fraternité entre hommes et femmes ; de plus, son auteure se pose elle-même comme exemple, en tant que femme qui a réalisé une oeuvre autonome.Dans la conclusion, je me serais attendu, et là réside ma seule critique, à une mise en perspective historique de la condition féminine à l'époque de la Simone de Beauvoir comparée à celle d'aujourd'hui. J'étais d'autant plus fondé dans cette attente d'une conclusion qui aurait pu démontrer l'actualité de la pensée beauvoirienne et donc la pertinence de toute la démarche de l'ouvrage, que celle-ci s'intitule : « Et maintenant ? ». Au lieu de cela, j'ai trouvé 3 p. bâclées sur la question du problème juridique du consentement sexuel : une problématique qui mériterait évidemment un essai à elle-même, mais dont l'envergure est incomparablement moindre par rapport à l'ensemble de la matière traitée ici.

« On ne naît pas femme, on le devient. » - Simone de

« On ne nait pas femme, on le devient », vous l'aurez sûrement reconnue, est une des citations les plus connues de Simone de Beauvoir. Cet écrivain fait partie de ces personnalités qui ont marqué à jamais l'histoire et la lutte pour l'émancipation de la femme.[/has_googlemeta5][has_googlemeta6]. De Beauvoir : On ne nait pas femme on le devient (explication) Le Deuxième Sexe.Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre. Le Deuxième Sexe est un essai existentialiste et féministe[1], paru en 1949, l'année des 41 ans de son auteure, Simone de Beauvoir. . « On ne nait pas femme, on le devient » Simone de Beauvoir : expliquez et discutez cette citation. Aujourd'hui, la question du féminisme bat son plein dans notre société. Beaucoup d'inégalités homme/ femme règnent encore et les préjugés persistent. Simone de Beauvoir est une française née en 1908.

PDF On Ne Nat Pas Femme : on Le Devient

Simone de Beauvoir : « On ne naît pas femme, on le devient » En 1949, la philosophe publie « Le Deuxième Sexe », un coup de tonnerre qui fait scandale et servira de matrice aux études de genre.. « On ne naît pas femme, on le devient. » - Simone de Beauvoir les différences entre hommes et femmes ne seraient pas biologiques mais culturelles, et résulteraient d'un apprentissage tout au long de la vie. Ce n'est pas une injonction faite aux femmes, à qui l'on demanderait de passer par un long apprentissage pour répondre. On ne nait ni homme, ni femme, mais enfant au sens sociologique. Qu'est ce qui permet donc à l'enfant de devenir homme ou femme ? Quand Simone de Beauvoir dit " on ne naît pas femme on le devient", elle affirme que l'acquis l'emporte sur l'inné. Une véritable femme à ses yeux est une femme qui défend ses idées et qui ne reste pas . Pour Simone de Beauvoir : « On ne naît pas femme, on le devient. » Cette célèbre citation résume sa pensée ( voir p. 386). Texte écho. Hélène Cixous, La Venue à l'écriture (1977) Auteure féministe, Hélène Cixous s'interroge sur les conditions de la femme écrivaine.

On ne naît pas femme : on le devient — Wikipédia

« On ne naît pas femme : on le devient », est une citation extraite d'un livre de Simone de Beauvoir, un essai philosophique publié en 1949 : Le Deuxième Sexe.Cette phrase, devenue, au fil du temps, un slogan utilisée par des mouvements féministes a également été détournée pour d'autres types de revendications.. On ne naît pas femme : on le devient . On ne naît pas femme : on le devient. Aucun destin biologique, psychique, économique ne définit la figure que revêt au sein de la société la femelle humaine ; c'est l'ensemble de la civilisation qui élabore ce produit intermédiaire entre le mâle et le castrat qu'on qualifie de féminin.. On ne naît pas femme : on le devient1 « On ne naît pas femme : on le devient. Aucun destin biologique, psychique, économique ne définit la figure que revêt au sein de la société la femelle humaine ; c'est l'ensemble de la civilisation qui élabore ce produit intermédiaire entre le mâle et le castrat qu'on qualifie de féminin.